Lymphogranulomatose vénérienne : quelle est cette IST qui explose en France et en Europe ? | TF1 INFO

LCI - 19/03
[VIDÉO] Une hausse inquiétante des infections sexuellement transmissibles est observée au sein de l’Union européenne, y compris en France. Outre les cas de gonococcie, syphilis et autres chlamydioses, la propagation d'une IST moins connue interpelle : la lymphogranulomatose vénérienne (LGV). Cette infection, qui a bondi de 58% en un an, peut se manifester par des symptômes parfois très sévères. - Lymphogranulomatose vénérienne : quelle est cette IST qui explose en France et en Europe ? (Santé et bien être) - TF1 INFO

Une hausse inquiétante des infections sexuellement transmissibles est observée au sein de l’Union européenne, y compris en France.
Outre les cas de gonococcie, syphilis et autres chlamydioses, la propagation d'une IST moins connue interpelle : la lymphogranulomatose vénérienne (LGV).
Cette infection, qui a bondi de 58% en un an, peut se manifester par des symptômes parfois très sévères.

"Une augmentation aussi stupéfiante qu'inquiétante". C'est en ces termes que le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a alerté le 7 mars dernier sur la vague "inquiétante" d'infections sexuellement transmissibles (IST) observée dans l'Union européenne, appelant à un travail accru de prévention. Les chiffres, bien qu'importants, "ne représentent probablement que la partie émergée de l'iceberg, car les données" peuvent être sous-estimées, a toutefois précisé Andrea Ammon, directrice de l'ECDC, lors d'une conférence de presse.

Outre la hausse de maladies déjà bien connues dont la gonococcie, la syphilis et autres chlamydioses, en particulier chez les jeunes Européens, l’ECDC a également alerté sur l'augmentation inquiétante de cas d'IST moins connues, à commencer par la lymphogranulomatose vénérienne (LGV). Et pour cause, sur la période étudiée (2021-2022), ces derniers ont bondi de 58%, soit 2059 cas. Parmi les quatre pays qui recensent à eux seuls 84 % des contaminations enregistrées figure la France, mais aussi la Belgique, l’Espagne et les Pays-Bas. Pour freiner cette propagation, l'ECDC recommande, à l'instar de qui vaut pour toutes les IST, de se protéger pendant les rapports sexuels en utilisant des préservatifs.

De quoi parle-t-on ?

Peu connue, la lymphogranulomatose vénérienne, aussi appelée maladie de Nicolas-Favre, endémique dans certaines régions tropicales et subtropicales, était encore rare jusqu’au début des années 2000 dans les pays industrialisés. Il s'agit d'une infection sexuellement transmissible causée par des sous-types de la bactérie de la famille de Chlamydia trachomatis. Elle est "transmise par le sexe anal et par des pratiques telles que le fist-fucking et l'utilisation de jouets sexuels ou d'irrigation rectale", précise le rapport de l'ECDC. 

Elle est diagnostiquée via une prise de sang qui détectera la présence de la bactérie, ou via un prélèvement en présence de symptômes. Le diagnostic de la LGV est effectué grâce à des analyses de sang ou des prélèvements si les symptômes apparaissent. Un traitement antibiotique peut alors être prescrit dans les deux semaines suivant l'infection pour l'éliminer totalement. À noter qu'il est essentiel de se protéger sexuellement durant toute la durée du traitement, pour ne pas transmettre l'infection.

Comment se manifeste l'infection ?

Sans traitement, la maladie évolue en trois stades. Le premier se caractérise par l'apparition de lésions au point d’entrée de la bactérie dans le corps (anus, rectum, bouche…), généralement entre 3 et 30 jours après la transmission. Ces premiers symptômes peuvent se manifester sous la forme d'ulcères rectaux, de saignements, d'abcès et de fissures rectales ou anales, d'écoulements de sang et de pus de la zone infectée, mais aussi de douleurs abdominales, de fièvre et de fatigue importante.

Si ces derniers disparaissent habituellement d'eux-mêmes sans nécessiter de traitement, passant ainsi inaperçus, ils peuvent être suivis de complications sévères de la maladie, la bactérie étant toujours présente dans l'organisme. Au second stade la maladie, généralement entre deux et six semaines après la transmission, des gonflements douloureux des ganglions (adénopathie) au niveau de l’aine ou du cou peuvent apparaitre et perdurer de plusieurs semaines à plusieurs mois, tout comme un écoulement de sang et de pus par l’anus ou encore des douleurs musculaires et/ou articulaires, de la fièvre et des frissons.

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Au stade tertiaire de la maladie, les symptômes non traités peuvent entraîner un rétrécissement ou perforation du vagin, du rectum ou du côlon, liés à une inflammation chronique, potentiellement irréversible. Un gonflement des organes génitaux causé par une obstruction des vaisseaux lymphatiques peut également se manifester et, dans de plus rares cas, une inflammation du foie ou d'une articulation. À noter que pour prévenir de telles complications de la LGV, un diagnostic précoce se révèle primordial.

Des patients plus à risque ?

Or, l'ECDC déplore que les capacités de diagnostic de cette maladie sont encore trop limitées dans plusieurs pays de l’Union européenne, ce qui rend "le contrôle de l’infection difficile...
[Courte citation de 8% de l'article original]

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